Références et orientations - Livre 1

II.3 - Les principales voies d’accès au titre d’ingénieur diplômé

Les principaux types de formation (incluant les formations de spécialisation) sont présentés ci-dessous. On distingue dans ce tableau :

  • l’organisation pédagogique employée (classique ou alternée).
  • le statut de l’élève-ingénieur (étudiant, apprenti, salarié en contrat de professionnalisation, salarié, élève-fonctionnaire ou stagiaire de la formation continue)


Remarque :

Une école forme donc des élèves ingénieurs qui sont soit des étudiants soit des salariés. Afin d’éviter toute ambiguïté c’est donc le terme « élève-ingénieur » qui sera utilisé chaque fois qu’il n’y a pas lieu de faire la distinction entre les divers statuts concernés.

Les principales voies, définies par le statut de l'apprenant ou du candidat ingénieur et par la pédagogie, sont :

La voie de diplomation ne doit pas restreindre les perspectives de carrière des ingénieurs diplômés.Dans tous les cas, la formation se construit en référence aux finalités professionnelles communes à l’ensemble des ingénieurs et à des capacités et compétences spécifiques propres à la formation. Elle ne résulte pas d’une simple addition de connaissances.

L’admission dans la formation est toujours sélective.

En formation initiale

II.3.1 - La formation initiale sous statut d’étudiant (FISE)

Dans ce mode de formation, le plus ancien et de loin le plus répandu dans les écoles d’ingénieurs, l’élève-ingénieur acquiert un ensemble de compétences (qui nécessitent l'acquisition de diverses connaissances et capacités) au cours d’un cycle d’enseignement supérieur de dix semestres (un enseignement préparatoire, qui peut être intégré, de quatre semestres suivi du cycle d'ingénieur de six semestres) comportant des enseignements scientifiques pluridisciplinaires, des formations technologiques et des enseignements en sciences économiques, humaines et sociales (management, communication, gestion, éthique…). La formation par projets, par études de cas, par l’expérimentation, par la simulation numérique et par la pratique y développe le sens du concret et de l’innovation.

La formation comporte, éventuellement de façon combinée, des périodes ou phases d’immersion en milieu professionnel et international.

La formation peut être réalisée, uniquement pendant sa dernière année, sous contrat de professionnalisation avec une entreprise. Dans ce cas, les élèves concernés ont le statut de salarié. Des aménagements de cursus doivent permettre une réelle alternance entre les périodes passées en école et en entreprise.

II.3.2 - La formation initiale sous statut d’apprenti (FISA)

L’alternance associe une formation en entreprise, fondée sur l’exercice d’une ou plusieurs activités professionnelles en relation directe avec la qualification envisagée, et des enseignements académiques. L'apprenti est sous contrat de travail au sens de l'article L. 6231-2 du code du travail. La formation est réalisée dans le cadre d'un centre de formation d'apprentis (CFA), externe (partenaire ou interne à l'école).  La formation repose sur une pédagogie de l'alternance, fruit de la complémentarité organisée entre les périodes en entreprise et les périodes au sein de l'école. Elle inclut un contact avec les milieux de la recherche et de l’innovation. La CTI insiste pour que la formation comporte également une immersion significative à l’international.

(nota bene : ce paragraphe est susceptible d'évoluer selon la publication des décrets d'application relatifs à la Loi « Avenir professionnel » (Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018).

En formation tout au long de la vie

II.3.3 - La formation continue sous statut de stagiaire de la formation professionnelle continue (FC)

La voie de la formation continue est ouverte à des salariés ou demandeurs d’emploi ayant au moins trois ans d’expérience professionnelle, diplômés à Bac + 2, DUT ou BTS ou ayant un diplôme équivalent ou supérieur. Elle prépare à un diplôme d’ingénieur à travers une formation adaptée.

Le règlement des études de l'école doit comprendre les dispositions propres à la formation continue.

Préalablement à l'entrée en formation diplômante, il y a lieu d’évaluer et de valider les acquis des candidats pour ensuite leur dispenser une formation adaptée par rapport à ces acquis, précédée, le cas échéant, d’une « phase de mise à niveau ». L’intérêt de ce dispositif est d’élargir le public potentiel, puisque le cycle préparatoire ou même une partie du cycle ingénieur peut être suivi à distance.

Ces formations peuvent prendre la forme de :

  • Formations présentielles à plein temps
  • Formations à temps partiel entre l’école d’ingénieurs et l’entreprise
  • Formations hors temps de travail (HTT)
  • Formations en partie à temps plein et en partie à distance


Selon les cas, il peut s’agir :

  • Soit d’un cursus menant à un diplôme d’ingénieur spécifique : dans ce cas, le cursus est effectué avec un groupe d’élèves ingénieurs relevant tous de la formation continue lorsque l’étude préalable a montré l’existence d’un besoin conséquent. Ce cursus fait alors l’objet d’une accréditation spécifique.
  • Soit d’un cursus existant sous statut d’étudiant ou sous statut d’apprenti. Il fait alors l’objet d’une extension d’accréditation.

Dans le cadre de la législation actuelle, les certifications professionnelles enregistrées au RNCP se décomposent en blocs de compétences, décrivant un ensemble homogène et cohérent. Ces blocs peuvent être validés séparément.

(nota bene : ce paragraphe est susceptible d'évoluer selon la publication des décrets d'application relatifs à la Loi « Avenir professionnel » (Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018).

II.3.4 - L’obtention du titre d’ingénieur diplômé d’une école par la validation des acquis de l’expérience (VAE)

La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de faire reconnaitre qu’une expérience (professionnelle ou extra professionnelle) est en adéquation avec les compétences acquises dans le cadre d'une formation conduisant à un titre d’ingénieur. La VAE, qui peut être totale ou partielle, constitue une voie de délivrance du titre d’ingénieur que toute école doit s’approprier si elle délivre son titre depuis quelques années dans une des autres voies. 

Le diplôme d’ingénieur délivré par une école par la voie de la VAE est le même que celui délivré par la voie de la formation initiale ou continue. Il est défini par le même référentiel de compétences qui doit préalablement être déposé (procédure décrite dans R&O Livre 3). Les critères d’évaluation des compétences acquises sont au même niveau d’exigence que dans les voies de formation déjà accréditées. De fait, pour le candidat, l’exercice préalable, à titre professionnel ou bénévole, de fonctions communément confiées à un ingénieur issu de l’école, est donc nécessaire.

II.3.5 - L’obtention du titre d’ingénieur diplômé par l’État (IDPE)

L’examen conduisant à la délivrance du titre d’ingénieur diplômé par l’État (IDPE) dans une spécialité permet à un technicien exerçant des fonctions d’ingénieur d’obtenir un titre d’ingénieur diplômé par validation de son expérience et de ses acquis professionnels. Celui-ci doit justifier d’au moins cinq années de pratique professionnelle dans des fonctions communément confiées à un ingénieur et rédiger un mémoire professionnel.

La procédure est supervisée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur : elle s’appuie sur un panel d’écoles d’ingénieurs volontaires autorisées à organiser les épreuves de spécialité. Inscrit auprès d’une école autorisée à organiser l’examen, le candidat devra réussir l’épreuve dite d’évaluation, puis dans un second temps, la soutenance de son mémoire. Elle doit être validée par un jury local. Le dossier est ensuite soumis à un jury national.

La diplomation par l’État et la validation des acquis de l’expérience (VAE) sont deux procédures différentes à la disposition des personnes intéressées par une reconnaissance officielle de leurs compétences permettant la validation d'un diplôme d'ingénieur conférant le grade de master.