Références et orientations - Livre 1

II - LES FORMATIONS ET ÉCOLES D’INGÉNIEURS EN FRANCE

De par son statut, la formation d’ingénieur est intrinsèquement professionnalisante ; elle doit permettre au futur diplômé d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice des métiers visés. Ces acquis, validés, peuvent être obtenus selon différentes voies d’accès, de formation et de délivrance du titre d’ingénieur diplômé.

II.1 - Le schéma général des formations des ingénieurs en France et leur contexte

En France, les formations d’ingénieur relèvent de l’enseignement supérieur.

Si, d’un point de vue général, l’enseignement supérieur est libre (cf. art L151-6 du code de l'éducation, Loi du 12 juillet 1875), il est néanmoins encadré. Il a fait l’objet de nombreux textes législatifs et réglementaires successifs, tant pour l’enseignement que pour la formation professionnelle, notamment pour l’enseignement supérieur public, les lois « Faure » de 1968, « Savary » de 1984, « Pécresse » de 2007 et « Fioraso » de 2013. Ce contexte définit les écoles privées reconnues par l’État, (Code de l’éducation, Art. L 443-2) et récemment les établissements d’enseignement supérieur privés d’intérêt général (EESPIG), dont la qualification est attribuée pour la période du contrat avec l’État et renouvelée périodiquement par le ministère chargé de l’enseignement supérieur après avis du comité consultatif de l’enseignement supérieur privé (CCESP). 

Pour répondre à l’évolution des besoins des entreprises, de la société, des élèves ingénieurs, du processus de Bologne et de l'harmonisation européenne des cursus, le système de formation des ingénieurs a été progressivement diversifié, tant par le type de recrutement des élèves ingénieurs que par le type de formation. Afin de conserver une bonne visibilité et lisibilité nationales et internationales, il présente une cohérence globale, assurée notamment par la CTI. Au sein du dispositif d’enseignement supérieur, différents cursus conduisent au diplôme d’ingénieur.



Il existe également un diplôme d'ingénieur de spécialisation qui est une formation post diplôme d’ingénieur.

Les semestres S5 à S10 (années 3, 4 et 5 après le bac) doivent être intégralement organisés dans toutes les formations initiales d’ingénieurs, l’admission d’un flux d’élèves en début du semestre S7 (année 4) étant possible, notamment pour les élèves internationaux ou ceux de la formation continue diplômante. D’autres voies d’admission sont possibles selon les écoles.

Dans la pratique, la formation initiale se déroule soit en cinq ans dans le cadre d’un parcours post-baccalauréat, soit en trois ans après une admission au niveau Bac+2.

Ainsi, après le baccalauréat, les étudiants ont différentes voies d’accès au diplôme d’ingénieur :

  • soit, après une formation en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), de quatre semestres, par concours d’entrée et admission en première année d’une école d’ingénieurs en trois ans, ou au semestre S5 d’une école en cinq ans, l’admission en école d’ingénieurs emportant la validation de ces quatre semestres (article D612-26 du Code de l’éducation)
  • soit par recrutement sur concours pour entrer dans un cycle préparatoire intégré à une école d'ingénieur (quatre semestres), permettant la poursuite directe en cycle ingénieur
  • soit par sélection sur concours après une formation pleinement validée par un Diplôme universitaire de technologie (DUT), un Brevet de technicien supérieur (BTS), par une licence générale ou (de façon très limitée) par une licence professionnelle ou un L2
  • soit par concours sur dossier ou épreuves et admission à un « parcours » préparatoire de quatre semestres, dans une licence générale, qui est spécifiquement orienté vers une poursuite en formation d’ingénieur au sein d’un groupe d’écoles bien identifiées, suivie par une sélection pour entrer dans l’une de ces écoles

La plupart des écoles sont ouvertes à plusieurs types d’accès, néanmoins l’un d’eux est souvent majoritaire.

II.2 - Les écoles d’ingénieurs et leurs réseaux

En France, la formation d’ingénieur est généralement mise en œuvre au sein "d’écoles d’ingénieurs". Actuellement les écoles françaises d’ingénieurs, environ 200, diplôment environ 38 000 élèves par an. Elles ont leur propre identité juridique, publique ou privée, ou sont incluses dans des établissements plus vastes.

Les écoles publiques peuvent être placées sous la tutelle du ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche ou relever de différents ministères (en charge de l'agriculture, la défense, l'économie et l'industrie, du développement durable…) Dans ce cas, le ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche exerce une tutelle conjointe avec l'ensemble des autres ministères.

Les écoles consulaires peuvent constituer des services relevant des chambres de commerce et d'industrie ou ayant le statut d'établissement d'enseignement supérieur consulaire (EESC art L. 711-18 et L. 711-19 du code du commerce).

Les écoles privées peuvent relever de différents statuts (société, association, fondation…). Parmi ces établissements, certains ont obtenu la qualification d'établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général (EESPIG). Cette qualification révisée périodiquement est réservée aux établissements gérés sans but lucratif et apportant les preuves de son indépendance de gestion et de son implication dans toutes les missions de l'enseignement supérieur (Code de l'éducation, art L. 732-1 et suivant). Seuls les établissements privés bénéficiant de cette qualification signent un contrat avec le ministère en charge de l'enseignement supérieur.

Quel que soit leur statut, les formations d'ingénieur sont évaluées par la Commission des titres d'ingénieur selon un référentiel unique.

Une école d’ingénieurs se définit par sa mission principale qui est la formation d’ingénieurs. Elle est conçue comme une structure clairement identifiée et reconnue, bénéficiant d’une réelle autonomie concernant son organisation, ses objectifs et sa pédagogie. Elle dispose d’une gouvernance forte et des moyens nécessaires à l’exercice de sa mission.Les écoles se caractérisent par une organisation adaptée à la finalité professionnelle des formations qu’elles dispensent. L'environnement professionnel contribue à la fixation des objectifs de formation et à sa réalisation à travers notamment l'implication d'intervenants professionnels dans la formation.

Elles se distinguent entre elles, particulièrement auprès des candidats et des employeurs concernés, par le projet pédagogique, le profil de compétences des ingénieurs qu’elles forment et par la sélectivité qu’elles opèrent.

Les écoles sont des espaces ouverts et elles construisent de nombreux partenariats de différentes natures développant ainsi des synergies nationales ou internationales.

Au niveau national, les écoles participent au déploiement de la politique de site visant à la création de pôles à visibilité nationale et internationale. Elles concourent notamment à la structuration des sites à travers la construction d'établissements expérimentaux, la participation à des communautés d’universités et d’établissements (COMUE) ou la conclusion de conventions d'association, définis par la loi sur l'enseignement supérieur de juillet 2013 et l'ordonnance de décembre 2018. L'implication des écoles dans ces ensembles favorise le développement de la qualité de la formation, de la recherche et de la vie étudiante. Elle contribue à la visibilité des formations d'ingénieurs, à la diversification des voies d'accès, au renforcement du vivier de recrutement et des moyens académiques et scientifiques mis en œuvre.

II.3 - Les principales voies d’accès au titre d’ingénieur diplômé

Les principaux types de formation (incluant les formations de spécialisation) sont présentés ci-dessous. On distingue dans ce tableau :

  • l’organisation pédagogique employée (classique ou alternée).
  • le statut de l’élève-ingénieur (étudiant, apprenti, salarié en contrat de professionnalisation, salarié, élève-fonctionnaire ou stagiaire de la formation continue)


Remarque :

Une école forme donc des élèves ingénieurs qui sont soit des étudiants soit des salariés. Afin d’éviter toute ambiguïté c’est donc le terme « élève-ingénieur » qui sera utilisé chaque fois qu’il n’y a pas lieu de faire la distinction entre les divers statuts concernés.

Les principales voies, définies par le statut de l'apprenant ou du candidat ingénieur et par la pédagogie, sont :

La voie de diplomation ne doit pas restreindre les perspectives de carrière des ingénieurs diplômés.Dans tous les cas, la formation se construit en référence aux finalités professionnelles communes à l’ensemble des ingénieurs et à des capacités et compétences spécifiques propres à la formation. Elle ne résulte pas d’une simple addition de connaissances.

L’admission dans la formation est toujours sélective.

En formation initiale