Références et Orientations Tome 2

III.2 - La démarche compétences et les compétences générales (cf :Principes T1.B.1.1.7 et T1.B.3.3.4)

Les évolutions nationales et européennes vis-à-vis de l'enseignement, invitent à prendre en compte l'approche de l'organisation des formations par une démarche en termes de compétences. Pour les formations d'ingénieur, cette démarche est cohérente avec l'orientation des élèves vers un ou des métiers définis et avec l'approche des entreprises vis-à-vis du recrutement, de la mobilité et de la gestion des carrières de leur personnel. Au sein des écoles, elle fait l'objet, dans la phase actuelle, d'actions d'approfondissement.

 

Dans cette perspective, les acquis de l'apprentissage (learning outcomes) sont exprimés en termes de connaissances, de capacités ou de compétences, générales (nécessaires à tout ingénieur) ou spécifiques (liées au domaine ou à la spécialité). Ils préparent à des métiers identifiés et s’appuient sur des objectifs de formation bien définis.

La connaissance de ces objectifs doit permettre de définir ou d'affiner, de façon participative avec les différents acteurs concernés, un programme, une pédagogie, ainsi qu'un mode d'évaluation de ces compétences en fin de cursus.


Ils contribuent à la bonne communication de l'école avec ses parties prenantes, principalement les candidats, les élèves ingénieurs et le monde professionnel.

 

Cependant ce sont les programmes et les pédagogies qui donnent leurs sens aux acquis de l’apprentissage et leur évaluation nécessitent des mises en situation.


L’attribution des crédits ECTS devrait s'effectuer sur la base de ces acquis de l'apprentissage qui synthétisent savoirs, aptitudes et compétences.

Avec le recul, on constate que la démarche compétences fédère des notions aussi diverses que la caractérisation de l'offre de formations, de diplômes ou titres à finalité professionnelle (Cf. le Répertoire National des Certifications Professionnelles), la procédure de délivrance du diplôme d'ingénieur par la voie de la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) ou l'écriture du Supplément au Diplôme (SD).

III.2.1 - Les capacités et compétences générales des ingénieurs diplômés

Les attentes du monde professionnel, de la société et des individus, exprimées en termes de compétences nécessaires à l'exercice de métiers d'ingénieur ont évolué avec le temps. Orientées spécifiquement vers les aspects scientifiques et techniques, elles se sont progressivement élargies à la demande des entreprises et des ingénieurs (cf. les sciences humaines et sociales dans le tome « Analyses et Perspectives »).

Les métiers définis par les fonctions et les domaines scientifiques, techniques et industriels des ingénieurs nécessitent un ensemble variable  selon les écoles d'acquis de l'apprentissage (connaissances, aptitudes, capacités, compétences…), en interaction et parfois en tension entre eux et définis ci-dessous sans a priori de hiérarchisation, phase d'acquisition ou mode pédagogique :

L'acquisition des connaissances scientifiques et techniques et la maîtrise de leur mise en œuvre:

 

1. La connaissance et la compréhension d'un large champ de sciences fondamentales et la capacité d'analyse et de synthèse qui leur est associée.
2. L'aptitude à mobiliser les ressources d'un champ scientifique et technique liées à une spécialité.
3. La maîtrise des méthodes et des outils de l'ingénieur : identification, modélisation et résolution de problèmes même non familiers et non complètement définis, l'utilisation des outils informatiques, l'analyse et la conception de systèmes.
4. La maîtrise de l'expérimentation, dans un contexte de recherche et à des fins d'innovation et la capacité d'en utiliser les outils : notamment la collecte et l'interprétation de données, la propriété intellectuelle.

 

L'adaptation aux exigences propres de l'entreprise et de la société :

 

5. L'esprit d'entreprise et l'aptitude à prendre en compte les enjeux économiques, le respect de la qualité, la compétitivité et la productivité, les exigences commerciales, l'intelligence économique.
6. L'aptitude à prendre en compte les enjeux de relation au travail, d'éthique, de sécurité et de santé au travail.
7. L'aptitude à prendre en compte les enjeux environnementaux, notamment par application des principes du développement durable.
8. L'aptitude à prendre en compte les enjeux et les besoins de la société.

 

La prise en compte de la dimension organisationnelle, personnelle et culturelle :

 

9. La capacité à s'insérer dans la vie professionnelle, à s'intégrer dans une organisation, à l'animer et à la faire évoluer : exercice de la responsabilité, esprit d'équipe, engagement et leadership, management de projets, maîtrise d'ouvrage, communication avec des spécialistes comme avec des non-spécialistes, voire la gestion d'entreprise innovante.
10. L'aptitude à travailler en contexte international : maîtrise d'une ou plusieurs langues étrangères, ouverture culturelle associée, adaptation aux contextes internationaux.
11. La capacité à se connaître, à s'auto-évaluer, à gérer ses compétences, (notamment dans une perspective de formation tout au long de la vie), à opérer ses choix professionnels.

III.2.2 - Correspondance entre les compétences attendues selon la CTI et les standards européens EUR-ACE

Lors de l'accréditation de la CTI par ENAEE, en 2007, la cohérence entre le référentiel du label EUR-ACE et celui de la CTI a été démontrée.

En respectant le référentiel de la CTI les écoles sont implicitement compatibles avec celui du label EUR-ACE.