Références et orientations - Livre 1

IV.1 - L’approche compétences de la formation

Les évolutions nationales et européennes vis-à-vis de l’enseignement invitent à prendre en compte l’approche bénéfique de l’organisation des formations par une démarche en termes de compétences. Pour les formations d’ingénieur, cette démarche est favorisée par une orientation des élèves vers un ou des métiers définis et en cohérence avec l’approche des entreprises vis-à-vis du recrutement, de la mobilité et de la gestion des carrières de leur personnel.

Une compétence se traduit par une capacité à combiner un ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être en vue de réaliser une tâche ou une activité. Elle a toujours une finalité professionnelle.Le résultat de sa mise en œuvre est évaluable dans un contexte donné (compte tenu de l'autonomie, des ressources mises à disposition...).
La conception et l’analyse d’une formation en termes de compétences sont inspirées des méthodes que le monde professionnel a développées pour caractériser l’ensemble des compétences requises pour pouvoir exercer un métier particulier dans de bonnes conditions. Les activités et compétences attendues sont consignées dans des « référentiels métier » et ont été établies par des organismes professionnels tels Pôle emploi (codes ROME), l’APEC et des branches professionnelles. Mais comme au cours de sa carrière, l’ingénieur peut être amené à changer plusieurs fois de « métier », la CTI s’attache à ce que l’ensemble des compétences certifiées par le diplôme d’ingénieur soit plus large que celui défini par le référentiel du métier correspondant au premier emploi obtenu par le jeune diplômé.

La CTI propose de dénommer l’ensemble des connaissances, capacités et compétences acquises : les « acquis d’apprentissage » en cohérence avec la notion de « learning outcomes » qui lui correspond dans les standards définis au niveau européen, notamment dans le cadre des travaux d’EUR-ACE / ENAEE. Ce concept d’acquis d’apprentissage doit être indépendant du mode de formation.

La CTI préconise que l’analyse en termes d’acquis d’apprentissage (learning outcomes) soit donc tout d’abord fondée sur les besoins des futurs métiers auxquels sont préparés les élèves et soit élargie par une analyse qui tiendra compte des évolutions de carrière des diplômés, de leur insertion dans la société et enfin de leur épanouissement personnel. Tout en étant au cœur de la logique de la formation, le caractère professionnel finalisé vers des métiers spécifiques doit donc être complété par cette analyse en termes plus généraux.

Dans cette analyse en termes d’acquis d’apprentissage, la CTI n’est pas normative et elle laisse toute liberté aux écoles pour conduire les études nécessaires et faire les choix détaillés et les hiérarchisations requises en fonction des métiers visés. 

La connaissance de ces objectifs doit permettre de définir ou d’affiner, de façon participative avec les différents acteurs concernés, un programme, une pédagogie, ainsi qu’un mode d’évaluation de ces compétences durant tout le cursus.

Les acquis d’apprentissage contribuent à la bonne communication de l’école avec ses parties prenantes, principalement les candidats, les élèves ingénieurs et le monde professionnel.